Vanessa : « Voyage… Après, c’est trop tard ! »

Oct 8, 2026 | RÉCITS & INSPIRATIONS

Vanessa a 37 ans, elle est belge et vit à Paris depuis 13 ans. Indépendante, curieuse et allergique à la routine, elle n'avait jamais prévu de voyager seule en Amérique latine : c'est arrivé en chemin, au fil d'un voyage entre amies. Depuis, elle a sillonné l'Équateur, le Pérou et la Colombie, puis s'est envolée en 2026 un mois au Laos. Dans ce témoignage, elle nous raconte ses peurs, ses rencontres, ses moments difficiles et ce que le voyage seule a changé en elle.

Devenir voyageuse solo sans l'avoir prévu

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Qui es-tu Vanessa ?

Je m'appelle Vanessa, j'ai 37 ans. Je suis belge et je vis à Paris depuis 13 ans.

Je suis quelqu'un de naturellement indépendant, curieuse et je déteste la routine : j'aime apprendre de nouvelles choses, changer de travail quand j'en ressens le besoin, et surtout me lancer de nouveaux défis !

voyager seule en Amérique latine : portrait de Vanessa

Tu n'as pas décidé un jour de « faire du voyage solo ». Comment est-ce arrivé ?

J'ai commencé à voyager seule un peu par hasard, sans m'être dit dès le départ : « je vais faire du voyage solo ». Ça s'est fait par étapes.

En 2017, j'ai découvert le voyage en mode backpack en partant 15 jours en Grèce avec une amie. L'année suivante, je suis repartie 15 jours au Sénégal avec l'une de mes meilleures amies. J'ai adoré cette sensation de liberté, le fait de bouger facilement, et surtout de voyager à travers les rencontres.

Pour mes 30 ans, j'ai quitté mon premier CDI et j'ai décidé de partir en Amérique latine avec cette même amie. Dès notre arrivée, on a fait une mission de bénévolat chacune de notre côté avant de se retrouver pour continuer le voyage ensemble. 

Après quelques semaines, on a décidé de continuer chacune de notre côté parce qu'on n'avait pas exactement les mêmes envies. On en avait parlé avant, donc c'était très naturel, sans tension. Et c'est comme ça que je me suis retrouvée à voyager seule… et que j'ai réalisé à quel point j'aimais ça.

Il n'y a donc pas eu de déclic ?

Non, le voyage solo a été une suite naturelle de mes différents voyages. Après avoir voyagé avec des amies, j'ai découvert la liberté et l'autonomie que cela procurait.

Mon premier vrai voyage solo m'a permis d'apprendre à suivre mes envies, à me dépasser et à rencontrer des gens autrement. Depuis, voyager seule est devenu pour moi une manière d'explorer le monde à ma façon, de me sentir pleinement libre et de me challenger.

En regardant en arrière, avais-tu fait des premiers pas plus petits ?

En fait, je pense que tout s'est construit bien avant mon premier vrai voyage solo. Dès 5 ans, je partais en camping avec les scouts sans mes parents. À 15 ans, j'ai pris l'avion seule pour rejoindre des amis rencontrés sur Internet, que je n'avais jamais vus en vrai : j'allais passer 15 jours chez une fille avec qui je chattais depuis des années. Je crois que j'avais déjà le goût de l'aventure ! Vers 21 ans, j'ai passé un mois dans une école à Londres, seule. Bref, les petits pas, je les ai faits, mais à ma façon.

Il y a aussi un truc plus personnel : j'ai toujours adoré mes amis, mais j'ai appris à vraiment apprécier ma propre compagnie. Ça s'est travaillé, ça n'est pas venu tout seul. Je me suis souvent forcée à faire des choses seule, et aujourd'hui j'y prends vraiment du plaisir. Manger au resto seule, une journée sans plan ni personne : ça ne me pose aucun problème.

« J'ai toujours adoré mes amis, mais j'ai appris à vraiment apprécier ma propre compagnie. »

Ses peurs : la solitude, la langue et le vertige

Avant de partir, quelles étaient tes peurs ?

Avant de partir, j'avais clairement des peurs et des doutes. Ma plus grande crainte, c'était de me sentir seule. Mais je me suis vite rendu compte qu'en voyage, on n'est jamais vraiment seule… surtout si on choisit bien ses endroits pour dormir. Dans les hostels ou les guesthouses, c'est très facile de rencontrer d'autres voyageurs, d'échanger et de partager des moments.

    « En voyage, on n'est jamais vraiment seule. »

    J'avais aussi une grosse appréhension liée à la barrière de la langue, et c'est encore quelque chose que je travaille à chaque voyage. Mon anglais n'est pas parfait, et ça me frustre parfois de ne pas pouvoir m'exprimer comme je voudrais : pour demander des choses, comprendre les détails d'une conversation, ou même raconter ce que j'ai vécu dans la journée. En voyage, on vit souvent des moments très forts, et c'est frustrant de ne pas toujours réussir à les transmettre.

    Avec le temps, j'ai appris à oser parler malgré tout : même si je fais des erreurs, même si je cherche mes mots, même si mon accent n'est pas incroyable. Et finalement, ça fait aussi partie de l'aventure : on apprend, on progresse, et on se rend compte que les gens sont souvent bienveillants.

    Et tes premiers jours seule, comment les as-tu vécus ?

    C'était en Équateur. Comme je suis arrivée dans une ferme pour travailler, j'étais entourée d'une famille, donc je ne me suis pas sentie seule.

    Par contre, le week-end, j'étais off et je suis partie seule dans un parc volcanique. Je me souviens très bien de ce moment : je marche, et d'un coup je réalise que je suis vraiment seule, au milieu de ce parc immense, face à ce volcan. C'était magnifique. Et là, un troupeau de chevaux sauvages passe à côté de moi.

    À ce moment-là, l'émotion m'a complètement submergée : j'ai pleuré et hurlé (genre vraiment) de bonheur !

      Depuis, t'es-tu déjà sentie seule ?

      Très rarement. Quand ça arrive, je fais quelque chose qui me fait kiffer : un resto, une activité, une promenade… Parfois, je parle avec mes amis, et parfois il suffit juste d'accepter le moment. Ça passe toujours, et ça fait partie de l'aventure. Tout n'est pas toujours parfait !

        Tu as aussi le vertige. Le voyage t'a aidée à l'affronter ?

        Oui ! J'ai pris des télécabines, j'ai traversé des ponts de singe et j'ai descendu une cascade de 70 m en rappel. J'essaie de vaincre cette peur dès que je le peux (ce n'est pas sans pleurs ou crise d'angoisse, par contre, haha).

        Et j'étais très fière de faire de grosses randos comme la montagne aux sept couleurs, au Pérou, où j'ai atteint un sommet à plus de 5 000 m d'altitude !

        randonnée seule à la montagne aux sept couleurs au Pérou

        Finalement, le voyage solo t'a-t-il donné confiance en toi ?

        Oui, clairement. Une vraie confiance, celle qui vient de l'expérience. Chaque fois que je gère une situation seule, que je trouve mon chemin, que je m'en sors dans une langue que je ne parle pas, que j'affronte mes peurs, je construis quelque chose.

        Il m'a fallu du temps pour comprendre l'impact de ces « petites » choses anodines. Mais tout ça reste, même quand tu rentres chez toi.

        Les rencontres qui marquent une vie

        Voyager seule, est-ce que ça change ta façon d'aller vers les autres ?

        Oui. Je trouve que c'est plus facile de s'ouvrir aux autres : quand on est seule, on n'a pas la facilité de rester entre potes, donc on va plus facilement vers les autres.

        Parfois, je dois un peu me « forcer », parce que j'ai envie d'aller vers les gens mais j'ai des petites peurs, comme la barrière de la langue. Mais au final, ça se termine toujours par des moments hyper cool et de jolies rencontres.

        Concrètement, comment rencontres-tu des gens en voyage ?

        Je dors souvent dans des hostels ou des guesthouses : c'est vraiment l'endroit idéal pour rencontrer d'autres voyageurs, car il y a souvent des espaces aménagés pour ça.

        Parfois, c'est juste le hasard : un trajet en bus, au resto, en rando, lors d'une activité. Je suis sociable et, de manière générale, je n'ai pas peur d'aller vers les gens, donc ça aide aussi. Et le fait d'être seule joue beaucoup. J'utilise aussi Couchsurfing ou les groupes Facebook.

        Quelle a été ta plus belle rencontre ?

        Une des rencontres les plus marquantes, c'était au Pérou. Je venais de me faire voler mes affaires et j'étais bloquée à Lima pour refaire mes papiers et ma carte bancaire. Pas le meilleur moment du voyage. C'est là que j'ai rencontré Claudia, en bas de mon hostel. Elle fabriquait et vendait des bijoux, et elle faisait aussi des coiffures.

        On a parlé, sympathisé, et Claudia est devenue MA rencontre péruvienne. Elle m'a hébergée chez ses parents, et quand j'ai voulu descendre dans le sud du Pérou, elle m'a dit : « J'ai de la famille là-bas, on y va ensemble. » On a fait un trip incroyable !

        Chez sa famille, c'était une toute petite maison, pas beaucoup d'espace, une grande tonnelle en guise de cuisine. Mais ils m'ont accueillie comme une reine. Tout le monde était là, ils avaient préparé des repas incroyables, une chaleur humaine comme j'en avais rarement ressenti. Quand on est reparties vers Lima, on a tous pleuré.

        Ce qui m'a le plus touchée avec Claudia c'est que c'était une rencontre vraie et sincère, loin de toute carte postale. Le genre que tu n'oublies pas.

        rencontre en voyage solo au Pérou

        D'autres moments humains t'ont particulièrement marquée ?

        Deux moments me viennent immédiatement en tête.

        Le premier, c'est au Sénégal. C'était mon premier voyage en Afrique, et la première fois que je me retrouvais face à une vraie pauvreté. Ce qui m'a frappée, c'est que malgré ça, les gens sont d'une générosité et d'un accueil incroyables. Un paradoxe qui m'a vraiment touchée.

        Un jour, on se balade près d'une école où il y avait une petite fête foraine. Devant les barrières, un petit garçon regardait les autres enfants jouer, de l'extérieur. Il s'appelait Oussmann. On lui a fait comprendre qu'on pouvait l'emmener avec nous. Il nous a suivies, très timidement, en gardant ses distances. Quand on s'est retournées, il avait disparu : les gardiens lui avaient refusé l'entrée. On a expliqué qu'il était avec nous, et il a pu passer.

        Le monsieur qui tenait les autos tamponneuses nous a remerciées : « Il est là tous les jours à regarder, je ne peux pas le faire rentrer. » Il nous a confié un bout de l'histoire d'Oussmann, qui travaillait pour son gourou et était maltraité. C'était un choc. Alors on a décidé de lui offrir une petite bulle de bonheur : des tours de manège, un repas, et des tickets pour qu'il puisse revenir les jours suivants. Il s'est peu à peu ouvert, a commencé à nous parler, à sourire, puis à rire. C'était à la fois très dur et très beau.

        Le deuxième, c'est en Colombie, où j'ai passé trois jours et deux nuits avec un peuple indigène (ils sont passés dans l'émission Rendez-vous en terre inconnue, ce qui rendait le truc encore plus fou pour moi qui adore cette émission). C'est un peuple très ancré à la terre, à la nature.

        Ils nous ont parlé de leurs difficultés : le tourisme qui envahit leur territoire, un gouvernement qui ne les entend pas et qui veut prendre leurs terres, et cette obligation de s'adapter, d'aller en ville, de faire un mélange entre leur mode de vie traditionnel et le monde moderne. Ils nous ont appris à faire du café, montré l'utilisation des plantes, le tissage traditionnel. Mais c'est surtout leur rapport à la nature et leur vision du monde qui m'ont marquée. Trois jours intenses, qui font réfléchir longtemps après.

        Quand le voyage devient difficile

        Quel a été ton moment le plus dur en voyage ?

        C'est une question à laquelle il n'est pas simple de répondre, parce que mon moment le plus difficile mêle du perso et du pratique, et les deux se sont enchaînés en l'espace de quelques jours.

        Ça s'est passé au Pérou. D'abord, je me suis fait voler ma carte bancaire. Me retrouver sans argent à l'étranger, c'est une galère concrète et stressante. J'ai réussi, je ne sais même plus exactement comment, à ouvrir un compte au Pérou avec l'aide d'une amie qui vit à Lima, et je me faisais des virements depuis la France le temps de tout régler. Ça m'a bloquée plusieurs semaines à Lima, mais c'est aussi ce qui m'a amenée à rencontrer Claudia.

        Et c'est dans ce contexte déjà compliqué que j'ai revu mon père, qui vivait là-bas. Ça faisait des années qu'on n'avait plus de contact. J'avais décidé de le revoir malgré les blessures du passé, avec l'espoir de recréer un lien. Ça ne s'est pas passé comme je l'espérais, et ce voyage a finalement mis fin à notre relation père-fille. C'était violent à vivre, et encore plus à gérer loin de chez soi, sans mes amis. Avec le recul, ça m'a fait avancer dans ma vie de femme, c'était un mal pour un bien. Mais sur le moment, c'était vraiment difficile.

        Ce combo (le vol, les galères administratives et les retrouvailles avec mon père), c'était clairement la partie la plus éprouvante de mes voyages. Mais quelque part, ce sont aussi ces moments-là qui t'apprennent le plus sur toi.

        Voyager seule en Amérique latine, est-ce dangereux ? T'es-tu déjà sentie en danger ?

        En Colombie, j'ai vécu une situation qui m'a vraiment fait peur.

        C'était dans un taxi. Le chauffeur, beaucoup plus âgé que moi, était super sympa, on discutait bien pendant tout le trajet. Il y avait pas mal d'embouteillages parce que c'était le carnaval de Barranquilla, donc il me propose de m'asseoir devant. Sauf que le trajet durait, la nuit tombait, et je commençais à réaliser qu'on n'arrivait nulle part. Il s'est arrêté dans un endroit isolé et m'a demandé de l'embrasser. J'ai dit non, clairement. Il a insisté. Là, j'ai pris un ton ferme : soit tu m'emmènes à destination, soit je descends maintenant. Il a repris la route, mais j'avais l'œil rivé sur le trajet pour m'assurer qu'on allait au bon endroit, et il le savait. Il m'a déposée. Mais j'ai eu peur, vraiment.

        Qu'est-ce que cette situation t'a appris ?

        Le calme et le ton que tu emploies peuvent vraiment changer une situation. Paniquer, ça se sent, et ça peut aggraver les choses. Garder la tête froide, c'est souvent ce qui fait la différence. Je ne sais même pas comment j'ai réussi à garder mon sang-froid.

        Et surtout, faire confiance à son instinct. Si une situation te met mal à l'aise, fais-toi confiance et fais ce qui te semble le mieux.

        « Le calme et le ton que tu emploies peuvent vraiment changer une situation. »

        Malgré ces moments, penses-tu que le voyage solo est transformateur ?

        Oui, profondément. Pas de façon radicale du jour au lendemain, mais à chaque voyage, je reviens un peu différente. Plus confiante, plus adaptable, avec une vision du monde qui s'élargit. On apprend à se débrouiller, à faire confiance aux autres, à relativiser. Et surtout, on apprend à se connaître vraiment. Parce que quand tu es seule avec toi-même pendant des semaines, il n'y a plus moyen de se mentir.

        Ça m'a appris que je suis beaucoup plus capable que je ne le pensais. Et aussi que j'ai une vraie résistance à l'inconfort quand je suis dans le mouvement. C'est en voyage que je me sens la plus vivante.

        « C'est en voyage que je me sens la plus vivante. »

        Voyager seule en Amérique latine ou en Asie : ses impressions

        Tu es récemment partie un mois au Laos. Pourquoi cette destination ?

        Mon CDD finissait fin décembre. J'avais envie de soleil et j'avais aussi envie de visiter l'Asie. En faisant des recherches, j'ai eu un coup de cœur pour le Laos. Ça faisait longtemps que je n'étais pas partie seule aussi loin, et j'avais envie de sortir de ma zone de confort après deux ans dans un travail très monotone.

        voyager seule au Laos

        On dit souvent qu'il est plus facile de voyager seule en Asie qu'en Amérique latine. Toi qui connais les deux, qu'en penses-tu ?

        Honnêtement, je n'ai pas trouvé que l'un était vraiment plus facile que l'autre : ce sont juste deux expériences très différentes.

        La vraie différence, pour moi, se joue surtout dans l'accueil et le contact humain. En Asie du Sud-Est, les gens sont extrêmement accueillants mais assez réservés, pudiques dans la relation. L'Amérique du Sud, c'est beaucoup plus intense, plus chaleureux, plus dans l'échange direct. Les deux sont beaux, mais ce sont deux énergies vraiment différentes.

        Au niveau des infrastructures et des déplacements, les deux ont leurs bons et leurs mauvais côtés. Ça dépend vraiment des endroits.

        Sur la sécurité, c'est vrai qu'en Asie je me suis sentie tranquille (il m'est arrivé une seule petite mésaventure). En Amérique latine, le sentiment d'insécurité peut être plus présent et, comme je l'ai vécu moi-même, le risque n'est pas qu'un cliché. Mais la majorité du temps, je ne me suis pas sentie en insécurité.

        Dans les deux cas, la règle reste la même : bien se renseigner, sur les endroits bien sûr, mais aussi sur la culture locale : les codes vestimentaires, les comportements à adopter, la façon de se tenir dans les lieux sacrés. S'adapter à la culture du pays où tu poses les pieds, c'est la base. Et ça change vraiment la façon dont ton voyage se passe.

        « S'adapter à la culture du pays où tu poses les pieds, c'est la base. »

        Et ton coup de cœur absolu ?

        La Colombie ! Pour ses habitants, sa culture, ses paysages si différents. En quelques jours, tu peux passer de la mer des Caraïbes à la Sierra Nevada, puis au désert. C'est incroyable. Et les gens… ils ont quelque chose de particulier. Souriants, chaleureux, ils kiffent la vie d'une façon vraiment communicative.

        Si la Colombie te fait rêver toi aussi, j'ai rassemblé mes conseils pour voyager seule en Colombie.

        voyage solo en Colombie

        Pourtant, voyager seule en Colombie fait encore peur à beaucoup de monde…

        Oui, et ça m'a appris à ne pas me fier aux clichés. On part souvent avec des représentations très formatées d'un pays ou d'une culture, et sur place, on réalise que la réalité est beaucoup plus nuancée.

        Et ce ne sont pas seulement les pays qui font peur, ce sont aussi les gens. Quand j'ai annoncé que je partais seule en Colombie, on m'a regardée comme si j'étais folle. Et finalement, c'est un des pays où je suis restée le plus longtemps !

        Le voyage m'a aussi confirmé quelque chose d'important : les gens sont globalement bienveillants, partout dans le monde. Peu importe la culture, la langue, le contexte. Ça redonne vraiment foi en l'humanité, surtout quand on est bombardées au quotidien d'informations négatives.

        Liberté et team impro : sa façon de voyager

        Tu as un caractère indépendant, tu écoutes et fais vivre tes envies. C'est avant tout la liberté que tu recherches en voyageant seule ?

        Oui, j'adore la liberté que ça donne : je choisis ce que je veux faire, à mon rythme, et je suis la seule responsable de mes choix. Personne avec qui me prendre la tête… et personne à qui en vouloir non plus !

        Mais pas seulement. Il y a aussi le dépassement de soi : apprendre à trouver du confort dans l'inconfort, à s'adapter aux situations et à me faire confiance.

        Et puis ça me fait travailler un truc très concret : prendre des décisions. Je galère déjà à choisir un plat au resto… alors en voyage solo, je suis obligée de décider de tout : les lieux, les activités, les hostels, les trajets. C'est parfois épuisant mentalement, mais souvent je me dis que c'est un peu le « choix du riche » quand je réalise où je suis.

        Le « choix du riche », c'est un peu ton mantra ?

        Je ne suis pas vraiment du genre à avoir un mantra officiel ! Mais oui, c'est une expression qui me revient souvent. Quand je n'arrive pas à choisir ma prochaine destination, une activité ou même un resto, ce qui m'arrive souvent, je me rappelle que c'est un beau problème à avoir. Ça remet les choses en perspective instantanément. J'essaie d'appliquer ça quand je suis de retour.

        Et depuis le Laos, j'en ai un nouveau, que je me suis même fait tatouer : « If you never try, you will never know. » Je crois que ça résume assez bien ma façon d'aborder la vie, et le voyage en particulier.

        « If you never try, you will never know. »

        Au niveau de l'organisation, tu es plutôt team planning ou team impro ?

        Team impro, clairement ! La seule exception, c'est quand j'arrive dans un nouveau pays : là, j'aime savoir où je dors les premiers jours, juste pour atterrir sereinement. Mais après, je peux très bien réserver un logement une heure avant d'arriver dans une ville. Au Laos par exemple, je me suis pointée à la gare routière pour rejoindre une ville et il n'y avait plus de place. Du coup, j'ai pris un billet pour ailleurs.

        J'ai souvent les grandes étapes en tête, surtout s'il y a des endroits que je veux absolument voir. Mais pour le reste, j'aime garder cette liberté de rester plus longtemps quelque part si je m'y sens bien, ou de changer de route si l'envie est là. Un planning trop rigide, ça m'étouffe : ça va à l'encontre de tout ce que j'aime dans le voyage solo.

        Et le budget, comment le gères-tu ?

        Je ne planifie pas vraiment de budget à proprement parler. Je connais le solde de mon compte, je me fixe une limite approximative, et je fais confiance à mon mode de voyage pour ne pas exploser les compteurs : street food, hostels, logements simples. Ça me permet de me faire plaisir sur les activités.

        Comment te renseignes-tu avant de partir, et quels outils utilises-tu sur place ?

        Je regarde les blogs de voyage, les groupes Facebook, Instagram et parfois des guides, mais juste pour les grandes lignes. Et je parle beaucoup avec les gens sur place ou dans les hostels : les meilleures infos viennent souvent de voyageurs qui viennent de faire la route que tu veux faire.

        Sur place, j'utilise :

        • Google Maps ou Maps.me pour éviter de me perdre
        • Hostelworld ou Booking pour l'hébergement
        • Rome2rio pour les trajets
        • Google Traduction pour me faire comprendre quand je galère trop
        • XE pour convertir les prix et ne pas me faire arnaquer

        Quels sont tes indispensables dans le sac ?

        Un cadenas (pour les casiers en hostel), une batterie portable, deux cartes bancaires en cas de vol ou de perte, et une copie de tous mes documents dans ma boîte mail.

        Et pour voyager léger, il n'y a pas de secret : l'expérience et l'apprentissage de mes erreurs. À chaque voyage, je m'allège.

        As-tu des rituels de bien-être en voyage ?

        Des rituels au sens strict, je n'en ai pas vraiment, à part un bon petit déjeuner : ça, c'est non négociable !

        Mais il y a des choses que je fais naturellement. J'aime marcher sans destination précise, me laisser porter par la ville, tourner dans des rues au hasard et voir où ça m'amène. Et je ne me mets pas la pression de « profiter à fond » tout le temps : ne rien faire certains jours, c'est aussi ok.

        Voyage solo au Pérou

        Ses conseils aux femmes pour oser partir

        Quels conseils donnerais-tu à une femme qui rêve de voyager seule mais n'ose pas ou hésite encore ?

        Arrête d'attendre les bonnes conditions, le bon moment, le bon budget. La seule vraie condition, c'est d'oser et d'y aller.

        On est souvent plus capable qu'on ne le pense. Le plus dur, c'est d'oser partir.

        « Arrête d'attendre les bonnes conditions. La seule vraie condition, c'est d'oser et d'y aller. »

        Et un conseil pratique pour organiser un premier voyage solo ?

        Ne pas vouloir tout voir ! C'est le piège classique du premier voyage solo : on veut tout voir, tout optimiser, on remplit chaque journée pour ne « rien rater ». Et au final, on se retrouve à courir d'un endroit à l'autre sans vraiment profiter de rien.

        Le voyage solo, c'est justement l'occasion de prendre le temps : de rester plus longtemps dans un endroit qui te plaît, de flâner, de ne rien faire si tu en as envie.

        Quel dernier message aimerais-tu donner aux femmes qui nous lisent ?

        Le seul regret que tu pourrais avoir, c'est de ne pas y être allée. Les peurs d'avant le départ sont presque toujours plus grandes que la réalité sur place. Let's goooo !

        Voyage… Après, c'est trop tard… Et trop tard, c'est très vite !

        Ce que l'expérience de Vanessa nous apprend

        L'histoire de Vanessa montre qu'on peut se retrouver à voyager seule en Amérique latine sans l'avoir prévu : le voyage solo ne commence pas toujours par une grande décision. Pour elle, il est arrivé en chemin : un bénévolat en Équateur, une amie qui prend une autre route, et l'envie de continuer seule.

        Ses peurs étaient très concrètes : se sentir seule, ne pas parler assez bien anglais, le vertige. Elle ne les a pas fait disparaître avant de partir. Elle les a apprivoisées en avançant, une rencontre, un pont de singe, une conversation maladroite après l'autre.

        C'est peut-être ça, la plus belle leçon à retenir : on n'a pas besoin d'être prête pour commencer, on le devient en partant.

        Et comme le dit Vanessa : « Voyage… Après, c'est trop tard… Et trop tard, c'est très vite ! »

        Si tu hésites encore à sauter le pas, j'ai écrit un article pour t'aider à franchir le pas et voyager seule, à ton rythme.

        Si c'est la peur de te sentir seule, ou celle du regard des autres, qui te retient, sache que ces peurs sont partagées par beaucoup de femmes avant leur premier départ.

        Et si, comme Vanessa le conseille, tu veux éviter le piège du « tout voir », cet article t'aidera à organiser ton premier voyage solo sans te surcharger.

        Tu aimerais en parler de vive voix ? Pendant une séance de coaching « Oser voyager seule », on regarde ensemble ce qui te freine et par où commencer.

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